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    Escapade Ulysse: La Rive-Sud de Montréal

    Drôle de visite que les banlieues penserez-vous? Pourtant, certaines de ces villes ont su préserver des noyaux urbains qui présentent un intérêt certain, à l'intérieur desquels on retrouve églises, musées et maisons anciennes. Tout au long de ce circuit, la vue sur Montréal, sur l'autre rive, est omniprésente, et peut être admirée sous plusieurs angles.

    En Montérégie, la rive du fleuve Saint-Laurent fait partie de la couronne de banlieues qui encercle l'île de Montréal. Toutes ces municipalités sont d'anciens villages agricoles ou de petites villes industrielles qui ont connu une crois-sance effrénée avec l'exode des populations urbaines vers la banlieue au cours des 40 dernières années.

    Sainte-Catherine (10 399 hab.)
    L'écluse de Sainte-Catherine de la voie maritime du Saint-Laurent permet de contourner les infranchissables rapides de Lachine, visibles à gauche. Les navires se retrouvent 9 m plus haut d'un bassin à l'autre. On s'y rend pour observer leur passage, mais également pour contempler la vue exceptionnelle sur les gratte-ciel de Montréal et le majestueux Saint-Laurent.

    Saint-Constant (19 535 hab.)
    Le Musée ferroviaire canadien présente une importante collection de matériel ferroviaire, des locomotives, des wa-gons et des véhicules d'entretien. On peut y admirer la fameuse locomotive Dorchester, mise en service en 1836 sur la première voie ferrée du pays, entre Saint-Jean-sur-Richelieu et La Prairie, plusieurs wagons luxueux du XIXe siècle ayant appartenu au Canadien Pacifique de même que des locomotives de l'étranger, comme la puissante Chateaubriand de la Société nationale des chemins de fer français (S.N.C.F.), mise en service en 1884.

    L'Écomusée de Saint-Constant est davantage un lieu de sen-sibilisation à l'environnement naturel et bâti de la région, conçu pour la population locale, qu'un véritable musée destiné au grand public. Néanmoins, le visiteur qui s'intéresse de près aux outils et métiers traditionnels, aux coutumes locales, à la généalogie et à l'écologie de la région y trouvera quantité d'informations précieuses.

    La Prairie (15 839 hab.)
    La seigneurie de La Prairie a été concédée aux jésuites en 1647. Ceux-ci en firent d'abord un lieu de repos pour leurs missionnaires et un village pour les Iroquois convertis. Les colons français, de plus en plus nombreux à s'ins-taller dans les environs, forcèrent les jésuites à déplacer leur mission afin de soustraire leurs protégés à la mau-vaise influence des Blancs. L'emplacement stratégique de La Prairie amena les autorités à fortifier le village à partir de 1684. Très peu de vestiges subsistent toutefois de l'enceinte de pierre et de bois démantelée par les Américains au moment de l'invasion de 1775.

    Au début du XIXe siècle, La Prairie connaît une effervescence nouvelle lorsqu'elle devient un maillon important de la route qui permet l'acheminement des marchandises vers les États-Unis et, en particulier, vers le port américain de Portland, qui est libre de glace en hiver. On y aménage un quai en 1835, où accostent les vapeurs reliant la Rive-Sud à Montréal. L'année suivante voit l'inauguration du premier chemin de fer du Canada, qui relie Saint-Jean-sur-Richelieu et La Prairie. Malheureuse-ment, un incendie déclenché par une locomotive dévaste le village en 1846, effaçant ainsi presque toute trace des bâtiments du Régime français et mettant du même coup un terme à un avenir prometteur. Toutefois, grâce à la prospérité des briqueteries (appelées «briquades» par les résidants), l'économie connaîtra un certain redressement, et un nouveau quartier ouvrier verra le jour vers 1880 dans les environs de la rue Sainte-Rose, le «Fort neuf», baptisé ainsi par opposition au vieux village autrefois fortifié.

    L'église de la Nativité de la Sainte Vierge, entreprise en 1840, comporte une haute façade néoclassique dessinée par l'architecte Victor Bourgeau et sur-montée d'un élégant clocher à péristyle qui domine les environs. À l'arrière de l'église, on remarquera les élégants volumes de l'abside et de la sacristie, de même qu'un caveau doté d'une porte en fer très ancienne et une partie de l'enclos de l'ancien cimetière.

    En face de l'église, le bâtiment d'angle (120 ch. de St-Jean) et la maison Aubin de 1824 (150 ch. de St-Jean) sont de bons exemples de la persis-tance de l'architecture du Régime français après la Conquête.

    Les rues du Vieux-La Prairie revêtent un caractère urbain rarement atteint dans les villages du Québec au XIXe siècle. Plusieurs des maisons ont été soigneusement restaurées depuis que le secteur a été classé «arrondissement historique» par le gouvernement du Québec en 1975. Une promenade, le long des rues Saint-Ignace, Sainte-Marie, Saint-Jacques et Saint-Georges permet d'en apprécier les particularités. Certaines maisons de bois rappellent les habitations des faubourgs de Montréal aujourd'hui disparues. D'autres maisons s'inspirent de l'architecture du Régime français (toits à deux versants, murs coupe-feu, lucarnes), à cette différence près qu'elles sont partiellement ou totalement construites en brique plutôt qu'en pierre (234 et 237 rue St-Ignace, 166 rue St-Georges). Enfin, la maison en pierre revêtue de bois, au numéro 238 de la rue Saint-Ignace, serait le seul véritable témoin du Régime français qui subsiste dans le Vieux-La Prairie.

    Saint-Lambert (22 148 hab.)
    Le développement de Saint-Lambert est intimement lié à la construction du pont Victoria au milieu du XIXe siècle. La présence ferroviaire y a attiré une importante communauté anglophone qui lui a légué une saveur vaguement britannique. On y trouve également quelques maisons de ferme plus anciennes, disséminées le long du fleuve Saint-Laurent et restaurées par une population cultivée.

    Le pont Victoria est le plus ancien des ponts qui relient l'île de Montréal à la terre ferme. Il a été construit pénible-ment par des centaines d'ouvriers irlandais et canadiens-français entre 1854 et 1860 pour la compagnie ferroviaire du Grand Tronc, qui y faisait passer ses trains. Il s'agissait, au départ, d'un pont tubulaire conçu par le célèbre ingénieur anglais Robert Stephenson, Seuls les piliers aux arêtes effilées, destinées à briser les glaces, sont d'origine, puisque la structure du pont Vic-toria a été modifiée à quelques reprises, notam-ment pour y permettre la circulation automobile. Sa longueur (2 742 m), exceptionnelle pour l'époque, a fait dire aux chro-niqueurs du XIXe siècle qu'il s'agissait de la huitième merveille du monde...

    L'écluse de Saint-Lambert joue le rôle de porte d'entrée de la voie maritime du Saint-Laurent, qui s'amorce ici et prend fin 3 800 km plus loin à l'ouest, à l'extrémité des Grands Lacs. La voie maritime permet aux navires de franchir les obstacles naturels du Saint-Laurent afin d'approvisionner directement le centre du continent. Son inauguration en 1959 a en-traîné la fermeture du canal de Lachine et a contribué au déclin économique du sud-ouest de Montréal.

    Le Musée Marsil présente des expositions temporaires à caractère autant artistique qu'historique ainsi qu'une intéres-sante collection de costumes et de textiles. Il est installé dans la maison Marsil, dont le carré de pierres date vraisemblablement de 1750. Celui-ci a été bardé d'un cercle de fer destiné à retenir la maçonnerie à une épo-que ultérieure. La toiture à larmiers débordants, la galerie et les lucarnes appartiennent, quant à elles, à l'architecture rurale québécoise du début du XIX e siècle.

    Saint-Bruno-de-Montarville (25 259 hab.)
    Adossée au mont Saint-Bruno, cette municipalité est une oasis de verdure. Elle compte en moyenne 24 m2 d'es-pace vert par habitant, en excluant son parc de conservation qui s'étend sur plus de 8 km2. La ville faisait autrefois partie de la seigneurie de Boucherville. Le long du che-min de la Rabastalière, on trouve encore quelques vieilles maisons de ferme, mais l'ensemble de la ville présente une allure de banlieue moderne. Certains lotissements des années soixante, planifiés par l'urbaniste Jean-Claude La Haye, ont des qualités rarement présentes dans ce type de développement, comme la préservation des arbres et des ruisseaux ainsi que la construction de maisons à l'architecture soignée sur de larges parcelles.

    Autrefois situé près de l'église catholique, le Vieux-Presbytère fut érigé vers 1851. L'architecture de cette ancienne habitation de curé ressemble aux vieilles maisons d'époque situées aux environs de Mon-tréal. En effet, la pierre des champs mouchetée ainsi que des cheminées doubles, ancrées dans des pignons, ornent sa façade. L'intérieur est constitué presque entièrement de bois de pin. En 1960, l'existence du Vieux-Presbytère fut menacée par l'apparition d'un deuxième presbytère rattaché à l'église, celui-là plus moderne et moins coûteux à entretenir. Pour éviter de détruire cette pittoresque demeure, Mgr Gilles Gervais, curé de la parois-se, ainsi qu'un groupe de citoyens firent pression en faveur de sa conservation. Le Vieux-Presbytère a été classé monument national le 6 décembre 1966 par la Commission des monuments historiques. Il fut donc démoli, pierre par pierre, et reconstruit dans le parc qui entoure le lac du village. On y présente aussi des expositions qui changent régulièrement.

    Autrefois le mont Saint-Bruno était un lieu de villégiature prisé de la bourgeoisie montréalaise anglo-saxonne. Plusieurs familles, comme les Birks, les Drummond ou les Meredith, y ont érigé de belles résidences secondaires, aujourd'hui enclavées dans le parc de conservation du Mont-Saint-Bruno. Au sommet du mont se trou-vent deux lacs, le lac Seigneurial et le lac du Moulin, à proximité duquel s'élève un moulin à eau du XIXe siècle. Le parc est un agréable lieu de promenade et de détente. Des sentiers d'auto-interprétation et des promenades guidées ont pour but de le faire connaître aux visi-teurs. Pendant l'hiver, on peut y faire du ski de randonnée; des pistes totalisant près de 27 km sont aménagées, le long desquelles se trouvent de petits refuges chauffés.

    Longueuil (137 134 hab.)
    Cette agglomération, située en face de Montréal, est la plus peuplée de la Montérégie. Elle faisait autrefois partie de la seigneurie de Longueuil, concédée à Charles Le Moyne (1624-1685) en 1657. Celui-ci est à l'origine d'une dynastie ayant joué un rôle de premier plan dans le développement de la Nouvelle-France. Parmi ses 14 enfants, plusieurs seront célèbres, dont Pierre Le Moyne d'Iberville (1661-1706), premier gouverneur de la Louisia-ne, Jean-Baptiste Le Moyne de Bienville (1680-1768), fondateur de La Nouvelle-Orléans, et Antoine Le Moyne de Châteauguay (1683-1747), gouverneur de la Guyane.

    Le fils aîné, Charles Le Moyne de Longueuil, hérita de la seigneurie. Entre 1685 et 1690, il fait construire, sur le site de l'actuelle cathédrale Saint-Antoine-de-Padoue, un véritable château fort comprenant quatre tours d'angle, une église et plusieurs corps de logis. En 1700, Lon-gueuil est élevée au rang de baronnie par Louis XIV, un cas unique dans l'histoire de la Nou-velle-France. Le baron de Longueuil voit au développement de ses terres, dont la superficie croît sans cesse jusqu'à atteindre les berges de la rivière Richelieu.

    Au XIXe siècle, Longueuil connaît une crois-sance continue grâce à l'implantation du chemin de fer (1846) et à la venue de nombreux estivants qui érigent de belles villas sur la rive du fleuve. Puis la ville accueille, au début du XXe siècle, une petite usine à l'origine de la puissante firme Pratt et Whitney, créant ainsi un important noyau industriel spécialisé dans la mécanique et l'avionnerie. Longueuil peut être considérée comme l’une des premières composantes de la banlieue de Montréal, grâce à la construction du pont Jacques-Cartier, entre Montréal et la Rive-Sud, inauguré dans les années trente.

    La rue Saint-Charles est la principale artère commerciale de Longueuil. À l'est de l'hôtel de ville se trouvent plusieurs cafés et restaurants agréables.

    L'église Saint-Antoine-de-Padoue. Le château de Longueuil occupait autrefois cet emplacement. Après avoir été assiégé par les insurgés américains lors de l'invasion de 1775, il a été réquisitionné par l'armée britannique. En 1792, alors qu'une garnison y était stationnée, un incendie éclata, détruisant une bonne partie de l'ensemble érigé au XVIIe siècle. Les ruines sont mises à profit en 1810 lors de la construction de la seconde église ca-tholique. Quelques années plus tard, la rue Saint-Charles est percée en plein centre du site du château. Ainsi sont disparus les derniers vestiges d'un édifice unique en Amérique du Nord. Des fouilles archéologiques, effectuées au cours des années soixante-dix, ont permis de retracer l'emplacement exact du château et de mettre au jour une partie de ses fonda-tions, visibles à l'est de l'église.

    L'église de 1810 a été démolie en 1884 pour faire place à l'édifice actuel. L'église Saint-Antoine-de-Padoue, achevée en 1887 selon les plans des architectes Perrault et Mesnard de Montréal. L'extérieur s'inspire de l'art gothique flamboyant, mais demeure proche de l'éclectisme victo-rien.

    Boucherville (36 198 hab.)
    Contrairement à nombre de seigneuries de la Nouvelle-France qui sont concédées à des militaires ou à des mar-chands, la seigneurie de Boucherville est remise par l'intendant Talon à un colon de Trois-Rivières, Pierre Boucher, en 1672. Plutôt que de spéculer ou d'utiliser ses terres comme réserve de chasse, Boucher fait des efforts soutenus pour développer sa seigneurie, ce qui lui vaudra d'être anobli par le roi. Dès la fin du XVIIe siècle, Boucher-ville comprend un bourg fortifié, des moulins et une église. Peu de bâtiments de cette époque ont survécu, du fait d'un incendie majeur qui a détruit une bonne partie de l'agglomération en 1843. La seigneurie de Boucherville demeurera entre les mains de la famille Boucher jusqu'à l'abolition du régime seigneurial en 1854.

    On accède au parc des Îles-de-Boucherville par l'autoroute 20, sortie 89, ou par le bateau-passeur partant de Longueuil. Certaines des îles sont encore de nos jours parsemées de fermes, mais l'ensemble de l'archipel, relié par des bacs à câble, est accessible aux visiteurs. Le parc est voué aux activités de plein air. Aussi, durant la saison estivale, le cyclisme et la randonnée sont-ils à l'honneur. Les sportifs ont alors tout le loisir de sillonner le parc, les bacs à câble les menant d'une île à l'autre. On y trouve aussi un terrain de golf et des aires de pique-nique. Riche en oiseaux de toutes sortes, ce site s’avère très prisé des ornithologues amateurs. Pour visiter les îles sous un tout autre angle, il est possible de se promener en canot. Quatre circuits totalisant 28 km permet-tent aux canoteurs de découvrir maints aspects des côtes des îles. Le parc est ouvert toute l'année.

    Comme ses deux voisines, la maison Louis-Hippolyte-Lafontaine a été déménagée dans le parc de la Brocquerie en 1964. Elle était précédemment située au cœur du village de Boucherville. Louis-Hippolyte Lafontaine, ardent défenseur des Canadiens français et premier ministre du Canada-Uni en 1842, puis de 1848 à 1850, y a habité dans sa jeunesse. La demeure, dont la construction remonte à 1766, abrite de nos jours un centre d'exposition com-prenant une section sur l'histoire de la maison. Quant au parc, il faisait autrefois partie du domaine de la famille Sabrevois de Bleury, au milieu duquel on trouvait la villa La Brocquerie, érigée vers 1735 mais malheureusement incendiée en 1971.

    Le manoir de Bouc herville est l’un des rares manoirs datant du Régime français à avoir survécu dans la région de Montréal. La grande maison en pierre a été érigée pour François-Pierre Boucher de Boucherville, troisième seigneur des lieux, en 1741. La famille de Boucher-ville a vécu dans le manoir jusqu'à la fin du XIXe siècle.

    L'église Sainte-Famille de Boucherville forme, avec le couvent (1890) et le presbytère (1896), un ensemble harmonieux autour d'une place publique dont la création remonte au XVIIe siècle. L'église est une œuvre majeure de l'architecture vernaculaire du Québec. Elle a été construite en 1801 selon les plans de l'abbé Pierre Conefroy, curé de la paroisse. Ce dernier ne se contentera pas d'en esquisser les formes; il rédigera un véritable devis, repris par la suite à travers le Québec. Ainsi, l'église de Boucherville, avec ses trois portails en façade et son plan en croix latine aux dimensions importantes, servira de modèle à l'architecture religieuse des villages québécois jusqu'en 1830. Endommagée lors de la conflagration de 1843, elle sera rénovée la même année.
    Le beau décor intérieur a été exécuté entre 1844 et 1850 par Louis-Thomas Berlinguet, mais il comprend aussi des œuvres plus anciennes, comme les toiles de Jean-Baptiste Roy-Audy, peintes vers 1820, et surtout le tabernacle du maître-autel (1745), véritable chef-d'œuvre de la sculpture baroque en Nouvelle-France, dû à Gilles Bolvin. On remarquera en outre le buffet d'orgue réalisé en 1847, l’un des plus anciens que l'on ait conservé au Québec.

    Varennes (15 809 hab.)
    Cette ville est longtemps demeurée une petite communauté agricole isolée, spécialisée dans la culture maraîchère. Depuis les années cinquante cependant, elle a vu s'installer d'importantes industries chimiques et pétrolières à l'est du vieux village. Hydro-Québec y a également ouvert un centre de recherche en 1967, l'IREQ.

    Situé à l'entrée du vieux village, le calvaire de bois est l’un des plus anciens monuments du genre qui subsistent au Québec. Le calvaire actuel a succédé en 1829 à un calvaire du XVIIIe siècle dont on a récupéré certaines des statues.

    La basilique et les chapelles votives. Les chapelles votives servent notamment de reposoir pendant les processions de la Fête-Dieu. Autrefois nombreuses le long des routes du Québec, plusieurs d'entre elles ont disparu à la suite de la baisse de la pratique religieuse. Celles de Varennes sont cependant toujours fréquentées par les pèlerins et ouvertes au culte pendant la saison estivale. La plus ancienne, de type néoclassique, a été bâtie en 1832; la seconde a été érigée selon les plans de Victor Bourgeau en 1862 dans le style néogothique, identifiable à sa flèche et à ses ouvertures à arcs ogivaux. On y trouve une ornementation très élaborée pour ce genre d'édifice. Quant à la vaste église néoromane qui domine le village, elle comporte une haute façade à deux clochers, derrière laquelle le visiteur découvrira un intérieur richement orné.

    Verchères (5 125 hab.)
    C'est ici qu'en 1692 la célèbre héroïne Madeleine de Verchères prit la tête du fortin de pieux, qui tenait lieu de village, pour le défendre contre les Iroquois qui attaquaient de toutes parts. Sa brillante victoire résonna à travers la colonie, élevant le moral des colons en cette période de guerre et de disette. Par la suite, Verchères s'est développée lentement au gré des récoltes. Depuis quel-ques décennies cependant, elle a connu, à l'instar de Varennes, une industrialisation massive.

    Le moulin. Jusqu'au milieu du XIXe siècle, Verchères pouvait s'enorgueillir de posséder sept moulins à vent pour moudre le grain. Aujourd'hui, il n'en subsiste que deux, dont celuici, érigé en 1730, qui a été transformé en salle d'exposition par la municipalité. Son apparence actuelle lui vient de ce qu'il a servi de poste de signalisation maritime de 1913 à 1949.

    Un imposant monument à la mémoire de Madeleine de Verchères, coulé dans le bronze par Louis-Philippe Hébert, se dresse fièrement en face du fleuve et à côté du moulin, traduisant les sentiments des résidants de Verchères pour ce personnage presque mythique qu'est devenue avec les années la frêle mais courageuse adoles-cente du XVIIe siècle.

    L'église Saint-François-Xavier a été élevée en 1787 sur le site de la première église de 1724. La façade fut mise au goût du jour à la fin du XIXe siècle, lui donnant ainsi un petit air néoroman. L'inté-rieur, décoré par Louis-Amable Quévillon, offre da-vantage d'intérêt. On y retrouve un chœur à fond plat décoré en arc de triom-phe (1808) de même que des tableaux français du XVIIIe siècle prove-nant des églises parisiennes, acquis pendant les Ventes révolution-naires.

    Toutes ces informations sont extraites du Guide de Voyage Ulysse Le Québec 200-2001. Cette destination vous intéresse? Commandez directement le Guide Ulysse sur Internet et découvrez tout ce dont vous avez besoin pour faire un beau voyage!

    Consultez aussi le site de la Ville de Verchères (photo tirée de ce site).

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    Rédigé par Les Guides de Voyage Ulysse


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